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L’avis du corbeau sur Eleanor & Park

L’amour… Ce sentiment si doux et amer à la fois. J’ai contemplé ce livre comme un jardin secret en hiver sous la neige… L’amour est une rose aux pétales luisant, mais la vie peut faire que cette rose ne soit vu que de loin de part les épines de la vie qui la rende inaccessible…


LA PETITE FICHE DE L’ŒUF EN QUESTION :

Titre : Eleanor & Park

Auteure : Rainbow Rowell

Traductrice : Juliette Paquereau

Parution originale : Avril 2012 (USA)

Edition : Pocket Jeunesse

Parution : 2014

Genre : Jeunesse / Contemporain / Romance

Thèmes livre : Maltraitance / Harcèlement / Amour / Comics/ Musique

Nombre de page : 378 pages (lecture)

Ma note : ★★★★★ /★★★★★

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Synopsis de Pocket Jeunesse :

Résumé de l’éditeur : « Etats-Unis, 1986. Eleanor est une lycéenne trop rousse, trop ronde et est harcelée par tout le monde au lycée. Dans le bus scolaire, elle a l’habitude de s’asseoir à côté de Park, un garçon timide, qui l’ignore poliment. Peu à peu, les deux lycéens vont se rapprocher, liés par leurs passions communes pour les comics et les Smiths. »


« Tenir la main d’Eleanor, c’était comme tenir un papillon. Ou un battement de cœur. C’était tenir une chose pleine, et pleinement vivante. »

Quand j’ai vu rien que la jaquette du livre je n’ai pas pu m’empêcher de me dire :

« Oh!!! Ça alors! Une romance qui vibre au rythme du punk-rock? J’en croquerais bien un petit morceau…« 

Avec un résumé sans trop en dire forcément j’ai voulu faire ma chipie et en savoir de suite plus… C’est alors avec une véritable gourmandise que j’ai vite emprunté le livre à la bibliothèque et que je me suis tout aussitôt plongé dans cette ambiance lycéenne qui n’est pas si éloignée que cela dans mon cas.

Et c’est avec beaucoup de stupeur que j’ai vu que le harcèlement scolaire continuait sur tout et rien ; ici on a le droit a une petite rousse aux formes généreuses qui subit les critiques et brimades de ces très « charmant(e)s » collègues scolaire.

Ouais, vous l’aurez compris c’est parfaitement ironique et cela m’a vraiment fait beaucoup de peine de voir cette petite miss surdouée, intelligente et curieuse de tout être l’énième victime d’une intolérance à la suite d’une trop grande originalité ou différence…

« Eleanor avait raison : elle n’était jamais jolie. Elle ressemblait à une oeuvre d’art. L’art n’avait rien à voir avec le beau, il existait pour faire ressentir les choses. »

Alors voir une histoire de deux individus totalement différents, pleins d’incompréhensions l’un envers l’autre, qui tombent profondément amoureux l’un de l’autre, ça m’a fait un peu le même effet que quand je bois un diabolo coquelicot/ barbe à papa/ cerise.

« Moi gourmande? Fleur bleue? Bon ok je vous l’accorde… Peut-être un tantinet »

Et bien il n’empêche que le fait de voir ce garçon du nom de Park agir au départ avec aussi peu de délicatesse envers Eleanor, un peu comme le font les autres, ça change…

Car cette histoire ne démarrera pas avec des petits papillons, un coup de foudre ou des feuilles qui s’éparpillent au sol et qu’on s’apprête à ramasser…

C’est plutôt l’inverse en fait…

Ça commence par le fait de mal se parler comme deux chats en furie qui ne se comprennent pas… Et puis au fil des mots, ils s’apprivoisent et arrivent à créer un amour d’une pureté et beauté exceptionnelle, et c’est toute cette relation mêlé à la culture que ces deux tourtereaux s’échangent (oui d’ailleurs perso j’ai pris un calepin où j’ai noté tout ce que je ne connaissais pas notamment d’autres œuvres littéraires, des films mais aussi des chanteurs) qui rend cette relation intimiste, si captivante qu’on vit la relation au gré de leurs caresses, de leurs disputes et de leur âme…

« Elle ne se sentait jamais à sa place nulle part, sauf quand elle était étendue sur son lit et qu’elle s’imaginait ailleurs. »

Elle, Eleonor (que j’ai adoré dès la description du début) me rappelle ce que ça fait de se sentir seule au monde et d’être une extra-terrestre, d’être le genre qui s’habille en fermant les yeux dans sa penderie, parce que de toute manière elle n’a presque rien à part des vêtements acheté dans une friperie associative d’aide aux plus démunis. Ce personnage « trop rousse » avec ses kilos d’amour en plus qui te donne envie de pleurer et de la prendre dans tes bras tout en lui disant d’espérer et de ne rien lâcher malgré l’enfer des autres et de sa propre vie… Une fille haute en couleur et pourtant si sensible, qui en vient à s’excuser de sa propre existence alors qu’elle est juste d’une beauté d’âme incomparable…

« Park s’est mis sur le ventre et a enfoui sa tête dans l’oreiller. Il pensait qu’il avait arrêté de se soucier de ce que les gens pensaient de lui. Il pensait qu’aimer Eleanor le prouvait. Mais il trouvait toujours de nouvelles poches de superficialité à l’intérieur de lui. Il trouvait toujours de nouvelles façons de la trahir. »

Lui, Park (qui m’a faite grimacé dès le départ un peu à la manière d’Eleonor) me prouve que l’humanité existe en chacun de nous, et que nous sommes dès fois bien faibles les êtres humains avant de rencontrer cette petite étincelle qu’on souhaite protéger… Au bout de quelques chapitres j’ai compris lui aussi tous les doutes qu’il avait et qui lui causait des blocages jusqu’à s’oublier lui aussi, et exister pour plaire et aller dans le sens des autres : ne pas se maquiller car on est un garçon, ne pas se battre car c’est mal, ne pas faire ci ou cela… Il nous prouve une fois de plus qu’il faut profiter de l’essentiel et de jeter ce qui ne compte que trop peu à nos yeux.

Voilà les deux profils qui m’ont entraîné dans une valse impertinente et rock qui m’a rappelé ô comme c’est beau d’aimer sans raison juste pour s’aimer et se noyer dans l’autre…

« On croit que serrer quelqu’un très fort dans ses bras le rapproche de nous. On croit qu’on peut le serrer tellement fort qu’on pourra encore le sentir gravé en soi quand on s’en dégage.

Chaque fois qu’ Eleanor se dégageait de Park, elle manquait d’air, perdre son contact la faisait suffoquer.

Lorsqu’elle est finalement descendue du pick-up, c’est parce qu’elle pensait ne pas pouvoir supporter de le toucher et de ne plus le toucher encore une fois. Si elle devait s’arracher à lui encore une fois, elle y laisserait un peu sa peau. »

Et c’est de la romance sans être dans une éternelle mièvrerie cul-cul la praline qui nous fera lever une « je ne sais combientième de fois » les yeux au ciel, un joli alliage entre l’auteur et cette édition qui n’ont fait que renforcer cette histoire sans en faire « trop ».

Une histoire d’amour avec les principaux sujets ouverts d’esprit, amoureux de la culture, de la musique et des comics ou oeuvre digne d’impact. Ils aiment le romantisme, bon pas trop quand même car la référence à Shakespeare et à son Roméo et Juliette ne sera pas glorieuse aux yeux de l’héroïne qui les trouve juste puérils et idiots.

Eleanor et Park ne sont pas des personnes faciles.

Ils ne sont pas non plus des canons de beauté.

Ils paraissent banals comme tous les adolescents de cet âge comme on l’est/ on a été…

« Eleanor a passé toute la première heure, et la deuxième, et la troisième, à se caresser la paume de la main.

Rien.

Comment était-ce possible d’avoir autant de terminaisons nerveuses en un seul et même endroit ? Étaient-elles toujours présentes ou est-ce qu’elles entraient en action seulement quand elles le décidaient ? Parce que, si elles étaient là tout le temps, comment faisait-elle pour ne pas tourner de l’œil chaque fois qu’elle ouvrait un bouton de porte?

C’était peut-être pour ça qu’on disait que c’était plus agréable de conduire une boite manuelle qu’une automatique. »

Voilà pourquoi je suis tombé amoureuse d’un livre, et que très honnêtement je risque de vouloir en lire d’autre de la même auteure, car quand on tombe sur une petite pépite on veut forcément creuser pour tenter d’en trouver une autre.

En bref, si vous êtes à la recherche d’un concentré de bonheur, d’amour sans pour autant être une quiche et que vous aimez les références planquées ci et là, tentez de lire ce joli livre pleins d’images sincères et proche de la rêverie rock n’ roll!

2 commentaires sur “L’avis du corbeau sur Eleanor & Park

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