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Un « BERLIN ÉLECTROCHOC » à l’Opéra de Limoges

Jeudi 9 novembre 1989 – Samedi 9 novembre 2019…

30 ans tout juste tout juste que ce fichu mur est tombé… Un mur qui rendait étranger le peuple allemand…

Berlin Ouest et Berlin Est : si tu étais à l’Est tu pouvais toujours rêver pour aller dans l’Ouest…

On ne mélangeait pas les « torchons et les serviettes » cruauté véritable de l’époque où on ne mélangeait pas la misère avec la richesse, les quelques heureux de l’Est qui possédait un très bon diplôme pouvait prendre une décision d’aller dans l’Ouest : décision définitive

Rien ne va plus le jour où la cloison s’est faite, des larmes, l’envie de se retrouver pour certains où de revoir le pays soudé comme il l’était autrefois… Le peuple ne veut pas de cela, mais la peur fait régner tout sur son passage, tout le monde se tait et rêve ou lutte en silence, pendant 28 ans…

28 ans c’est long, on a le temps d’en voir passer des choses, des modes, des musiques et des livres…

Sauf si vous subissiez la censure, dans ces cas là vous opériez dans l’ombre dans l’espoir que l’Allemagne redevienne unie…

J’ai reçu de la part de ma famille des invitations pour me commémorer ce dont l’humain est capable du bien comme du mal, me rappeler que malheureusement certains « oiseaux rapaces » seraient prêt à tout pour imposer leur pouvoir aux autres, priver des libertés ou même un soupçon d’humanité…

Le mur peut être encore partout et sous d’autres appellations « frontières » « lignes » « barrière » la chute de ces quelques pierres souillées de sang soulignent à quel point l’humanité existe, et qu’il est beau de la célébrer et de lutter contre ce qui pourrait la renverser…

« Berlin Électrochoc » Ça m’a secoué, je vous avoue que je n’ai pas pu rester jusqu’au bout, mais que quelque chose de lourd respirait et ondulait nous faisant battre en un seul « chœur » parce que ça aurait pu tous nous arriver, personne n’échappe à la folie et on ne peut jamais vraiment être sûre de ce dont l’homme est capable…

La soirée nous fait prendre conscience d’un phénomène de l’histoire proche sans pour autant nous étouffer…

Je veux dire que tout est « orchestré » de manière brillante de sorte à ce qu’on prenne conscience de certaines choses sans avoir du plomb dans l’aile et de ressortir avec des têtes d’enterrement.

Le menu était savoureux et terrifiant, le voici :


17 heuresLa Vie des Autres par le réalisateur Florian Henckel von Donnersmarck :

« Au début des années 80, en Allemagne de l’Est, l’auteur Georg Dreyman et sa compagne, l’actrice Christa-Maria Sieland, sont considérés comme faisant partie de l’élite des intellectuels de l’Etat communiste, même si, secrètement, ils n’adhèrent pas aux idées du parti. Le Ministère de la Culture commence à s’intéresser à Christa et dépêche un agent secret ayant pour mission de l’observer… « 

Ce film… Un bijou cinématographique qui m’a émue plus qu’autre chose…

Je vous avoue que je ne connais que très peu le cinéma allemand, quelques films de mémoire me vienne en tête mais c’est compliquer de faire une liste complète…

Le réalisateur relève à mes yeux du génie que ce soit tant sur la colorimétrie, le montage, le scénario, les moments « latents » qui nous mette en suspend, le jeu des acteurs, la gestion de l’émotion, la bande son (OST), et les bruitages.

On est complice vu que nous sommes spectateurs aussi, et c’est atroce, et paradoxalement : magnifique.

Je n’avais pas l’impression de regarder un film, mais plus d’être témoins d’un drame que je voyais approcher à pas de loup…

Voir la corruption s’infiltrer et contrôler tout le monde, partout, pire que des caméras…

1984.  RDA. La STASI contrôlait tout et ça se voit à vous glacer le sang, fouille, écoute de ce que vous faites jusqu’à vos ébats qui seront qualifié comme étant « probablement un accouplement », personne n’était à l’abri de se faire épier sans le savoir.

Un film qui se ni triste ni joyeux : il y a de l’espoir partout comme on dit et un des agents le prouve, que le monde n’est pas gris ou noir et qu’on peut choisir en revanche de le rendre plus lumineux même si vous devenez « hors la loi ».

Car la loi n’est encore une fois pas toujours juste et surtout exécutive…

A la fois d’amour, politique, thriller, documentaire et d’un réalisme saisissant il nous fait comprendre à quel point la liberté est précieuse et qu’elle ne tient qu’à un fil.


19 heuresNotre Mur par les photographes Mireille et Alain Foucher :

Une magnifique exposition photographique a été présentée lors de cette soirée.

Les clichés sont vrais et viennent de Berlin même entre 1966 et 1997.

Une vision touchante et qui ne nous fait pas rien, on sent qu’il y a du vécu...


20 heuresMur-Mur théâtre musical par les interprètes : Lynda Bisch, Floriane Duroure, Christophe Gateau, Fabien Leriche, Anne-Louise Bourion et Ludovic Pannetier :

« Berlin. Automne 88. Les hirondelles ne migrent plus. De chaque côté de la ville, deux couples mènent leur vie en parallèle à la recherche d’un vis-à-vis, le vrai, celui qui permet de se voir en face. Il y a ce qui les sépare, les isole et  ce qui les réunit depuis toujours, les réminiscences d’un passé commun, les questions du présent et un avenir qu’ils ne s’imaginent pas encore ensemble. »

Tout le monde se pose des questions…

Mais cela arrive rarement de se poser la question de « Comment ça se passe dans notre propre pays? »

Il y a ceux qui rêve de s’envoler de l’autre côté de la barrière, juste pour voir une forêt et qui font des plans sur la comète en rêvant de traverser pourquoi pas même en montgolfière?

Il y a ceux qui rêve d’une vie qui ne peuvent même pas se permettre mais qui ceci dit ne feront rien pour que demain change.

Et il y a ceux qui en ont marre des « peut-être » « un jour » « pourquoi pas » et qui se donne des ailes un quart de seconde pour aller vers ce qui est à présent « inconnu » .

Inconnu, les gens de l’ouest et de l’est tous sont à présent des inconnus même dans leur propre langue qui change peu à peu.

C’est une ode encore une fois à la vie et ce qui est chouette, c’est d’avoir repris avec brio des musiques traversant peu à peu les années en Allemagne…

J’ai trouvé cela très agréable, alors que de base ce n’était pas évident en voyant ces duos très extrêmes, avec des castes différentes et surtout séparé par une délimitation nette… Deux appartements se touchant et pourtant bel et bien séparer par un mur qui quand on sort continue…

Le texte est très beau, et soulève même de phénomène actuel « réchauffement climatique » de la poésie en bulle sonore.


21 heures 30Oceanic, Niklas Paschburg, concert piano – électro :

Cette photographie illustre parfaitement le jeune compositeur Allemand

L’album « Oceanic » est une ode à la liberté au delà des frontière, il prend en exemple la mer Baltique car les cours d’eau sont souvent plus mouvant et souple que les hommes. Pour faire chanter son univers il mélange le piano acoustique dit « classique » à du recording et des instruments électroniques.

Je me suis laissé envoûté par les eaux glaciales et profondes…

Je me suis envolé tout en écrivant sur mon téléphone tant sa musique me projetait ailleurs que sur la terre ferme.

Des notes entre le futur et des choses qui nous font sourire et sente la nostalgie, un côté Yann Tiersen même j’ai trouvé…

Je vous avoue qu’en une petite heure j’ai eu la sensation d’être pieds nus dans l’eau et de faire des ricochets…

Magique, merveilleux, étrange et prenant!


22 heures 30 AFTER ELECTRO

Comme le programme m’a beaucoup touché en plein cœur, j’ai eu du mal quand on a monté le volume à fond sur un autre groupe… Non pas que je n’aimais pas, mais étant hyperacousique je prends habituellement mon casque réducteur de bruit/ antibruit.

Hors tête de linotte comme je suis, j’ai littéralement zappée le fait de l’emmener…

Il faut dire que je ne m’attendais pas à cela à L’Opéra de Limoges, bien que leur programme est toujours très varié et intéressant.

Je vous avoue du coup que pour ma part j’ai filé à l’allemande l’anglaise puis j’ai pris une petite pause avec des amis autours d’un « dernier verre » avant de rentrer sagement me coucher à 1 heure du matin tout de même…


Conclusion de ma soirée en musique naturellement :

Pour la musique j’ai choisis raccord voici Heroes de David Bowie : un pied de nez que fait le chanteur en voyant les couples de Berlin s’embrasser contre ce « mur de haine ».

C’était un beau programme, aussi émouvant qu’enrichissant, étant sensible je ne peux m’empêcher de m’imaginer à la place de certaines personnes à cette Epoque.

Un petit coucou et remerciement à ma famille si elle passe par là sans qui je n’aurais pas pu voir cet événement.

N’oubliez pas mes oiseaux… Quand un mur se dresse devant vous, il vous suffit de l’escalader car rien n’est infranchissable…

Et si c’est trop complexe, n’hésitez pas à faire des avions en papier pour vous redonner courage, et recommencez!

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